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Ce n’est pas la destination, mais la route qui compte.

03 Sep.Ce n’est pas la destination, mais la route qui compte.

Savourez ces sens! «La vie n’est pas une course mais un voyage dont  il faut savoir goûter chaque étape.»

L’été tirera bientôt sa révérence.

Je vous écris ce partage mensuel en cette fin d’avant-midi du lundi de la Fête du travail.  Comme plusieurs d’entre vous le savez, j’aime courir.  La sensation physique, la satisfaction et la relaxation mentale qui suivent une course est difficilement remplaçable. À la maison, comme en voyage, une seule paire de chaussures de course suffit à mon bonheur.

Cette année, à mon anniversaire, je me suis dit : «qu’est-ce que tu aimerais pour ta fête de toi-même à toi-même avec amour?»  Courir un 42 km… la distance d’un marathon, mais comme j’avais ajouté avec amour dans mon questionnement, alors j’ai divisé le 42 et décidé de courir deux demi-marathons, question de ne pas trop souffrir!

Ce matin, l’entraînement prévu à mon agenda de course indique 16 km, mais tous les sites de météo ne sont pas très cléments, pluie toute la journée… pas moyen d’y échapper. Mon conjoint m’encourage et me dit qu’il m’attendra pour déjeuner (et oui la lever du corps se fait toujours assez tôt).

Un, deux, trois… et c’est le grand départ pour une course sous la bénédiction du ciel couvert.  Je suis vite envahie par un sentiment de liberté et l’ivresse de mes sens.

Il y a peu de monde sur les routes, les périodes de calme sont plus nombreuses, seulement le bruit de mes chaussures dans les petites… et grandes mares d’eau. Il fut un temps malheureusement trop lointain où aller à l’école, patauger dans les mares d’eau et faire des barrages avec ses pieds me remplissaient de joie entremêlée de cette insouciance enfantine. Mais ce matin, pas question de patauger trop longtemps, les chaussures ne sont pas imperméables et on m’attend pour déjeuner!

L’odeur de la pluie me remplit les narines. Pas aussi parfumé que lors de ma course cet été à l’Île-aux-Coudres par un matin pluvieux, mais même sans l’air salin du fleuve, mon odorat se réjouit.

La pluie est chaude. Dans quelques semaines ce sera une autre histoire, j’en profite.

Je regarde autour de moi, quelle chance d’avoir toute cette verdure des Plaines d’Abraham juste pour moi, car il n’y a pas un chat en vue. C’est connu ; les chats n’aiment pas l’eau, et j’imagine que les humains non plus, car je n’en rencontre aucun! J’ai l ‘impression d’entendre le sol s’abreuver à grands bruits de cette eau qui tombe du ciel et si longtemps attendue. Je soulève la tête pour ressentir davantage la pluie sur mon visage.

Les sirènes des bateaux qui se répondent, me suivent tout au long de mon parcours. Je me souviens avec nostalgie de mes étés d’enfance durant lesquels mon père nous amenait au quai de St-Siméon pour voir le traversier. Juchée sur ses épaules, je lui avais presque grimpé sur le dessus de la tête en sursautant lorsque le traversier avait lancé sa salutation sonore!

J’aurai savouré chacun des instants de cette sortie matinale.

Je n’ai pas écouté cette petite voix qui disait «voyons, une course de moins, ça ne fera pas de différence»… J’aurais ainsi manqué ces instants de recueillement avec  moi-même. Je me rends compte que le plus cadeau que je me suis faite cette année, n’est pas de participer à deux demi-marathons, mais de savourer tous ces moments de préparation et les cadeaux que m’offrent la nature environnante et les sensations qui m’accompagnent.

 

Ce n’est pas la destination, mais la route qui compte.

 

Rédigé par Dre Dominique Dufour, chiropraticienne, D.C.