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Prévention – Dis-moi qui tu es? Ces livres qui nous font réfléchir…

31 Août 2017.

Septembre a été nommé le mois de l’arthrite. Comme vous le savez probablement, 2017 aura marqué ma carrière de chiropraticienne par la parution de mon premier livre « Mieux vivre avec l’arthrose ». J’aurais aimé l’intituler : « Prévenir l’arthrose », ou encore « Vaincre l’arthrose »… mais l’arthrose se guérit-elle? Se prévient-elle? Oui et non. Être ou ne pas être!!

La prévention… cette entité qui me tient toujours à cœur pour vous, pour moi, pour nous tous! Mais la prévention, c’est quoi? On peut prendre un cours de conduite, suivre les règles de la route à la perfection, mais cela ne peut pas nous garantir qu’aucun accident ne surviendra. Je peux très bien manger bio et équilibré, faire les exercices appropriés, méditer, mais rien ne garantit qu’une maladie monstrueuse ne s’attaquera à moi. C’est d’ailleurs l’argument utilisé par ceux et celles qui choisissent de mener une vie de « débauche ». Pourquoi est-ce que je ferais attention? Ma belle-sœur n’a jamais pris un verre d’alcool, était végétarienne et s’entraînait 5x par semaine et elle est atteinte de …. ? Moi je n’ai rien fait de tout cela et tous mes examens médicaux sont #1! Comme on dit souvent : «Il n’y a pas de justice sur cette terre! ». Si on étudie les statistiques, nos deux personnes précédentes sont aux antipodes des courbes. Mais qui a raison? Quant à moi, j’aime mieux le proverbe qui dit : « Aide-toi et le ciel t’aidera ».

Alors la prévention, c’est quoi ?
D’abord quelques notions essentielles : La médecine cherche à promouvoir et à protéger la santé, de même qu’à la rendre, lorsqu’elle a été altérée, puis à minimiser la souffrance et la détresse. Le premier, deuxième et quatrième de ces objectifs sont englobés dans la «prévention», qui est souvent divisé en trois niveaux : primaire, secondaire et tertiaire.1
Voyons-les plus en détails même si cela pourrait vous paraître un peu aride!!

La prévention primaire
Elle cherche à protéger la santé et à prévenir l’apparition de la maladie, en plus de viser la réduction de l’incidence de la maladie. (Rappelez-vous l’exemple ci-haut de la belle-sœur.) Elle peut être élargie de façon à s’appliquer aux facteurs de risque, tels que l’obésité ou fumer la cigarette. Elle englobe les interventions qui sont mises en œuvre avant la preuve de la présence de la maladie ou d’une blessure. La stratégie consiste à retirer les facteurs de causalité (réduction du risque), ce qui, en un sens, chevauche le but de la promotion de la santé.1 Dans le cadre de ma profession, l’application de la prévention primaire se fait dans la présentation de mes conférences. Lors de celles-ci, je vous communique de multiples conseils applicables dans votre quotidien, tels que : ne pas se croiser les jambes, se coucher sur le dos, choisir un bon matelas et un bon oreiller, etc. Il est toutefois à noter qu’un individu peut ne pas se sentir motivé à apporter de changement s’il ne se perçoit pas comme étant individuellement à risque élevé.

La prévention secondaire
Elle cherche à déceler une maladie le plus tôt possible, avant la manifestation des symptômes, de façon à pouvoir intervenir ou arrêter sa progression : «le dépistage précoce». Cela comprend l’utilisation de tests de dépistage ou d’autres procédures appropriées en vue de déceler une maladie grave le plus tôt possible, de permettre l’arrêt de son évolution et, si possible, son éradication. Elle part du principe qu’une intervention pratiquée au début de l’évolution clinique d’une maladie sera plus efficace et rentable que si elle l’est plus tard. Encore, la motivation de l’individu peut laisser à désirer.1 Vous le savez bien, il n’y a rien de plus difficile que de motiver quelqu’un qui n’a pas de symptômes, à consulter. La douleur demeure un leitmotiv important dans la décision de consulter. Lorsqu’elle est absente, le dépistage peut toujours attendre. D’ailleurs si vous souffrez vous-même d’arthrose, auriez-vous consulté il y a 20 ou 30 ans, au moment où la détérioration prenait place silencieusement au sein de vos articulations alors que les douleurs étaient absentes ? Même vos enfants ou petits-enfants qui vous voient souffrir ne se sentent pas nécessairement concernés par l’importance d’un suivi préventif.

La prévention tertiaire
Elle désigne quant à elle les interventions visant l’arrêt de la progression d’une maladie déjà établie et le contrôle de ses répercussions défavorables, en l’occurrence atténuer l’incapacité et le handicap, minimiser la souffrance causée par les manquements actuels à la bonne santé et promouvoir l’adaptation du patient aux effets irrémédiables : «minimiser les conséquences». Cela constitue un prolongement du concept de prévention dans le domaine de la réadaptation.1 Malheureusement, la majorité des raisons pour lesquelles les patients me consultent initialement, se situe en prévention tertiaire.

La prévention de l’arthrose, ça dit quoi?
Il n’existe actuellement pas de test médical annuel pour identifier l’arthrose. C’est qu’on ne peut pas le quantifier comme l’hypertension, l’ostéoporose, le diabète. Bien sûr, elle est visible sur les radiographies, mais il est difficile de mesurer la distance entre deux articulations, de façon précise, le positionnement du patient pouvant différer d’un examinateur à l’autre…

Et ça donnerait quoi?
Si on vous diagnostique comme faisant de l’ostéoporose, du diabète et de l’hypertension, une médication s’en suivra. Pour l’arthrose, l’arsenal d’anti-inflammatoires vous sera peut-être proposé. Est-ce que je suis contre? Pas nécessairement. Ce ne serait pas mon premier choix pour l’arthrose, mais encore là, en grosse douleur peut-être que si.

En me consultant, si votre condition le nécessitait, des radiographies ont été exécutées et, au lieu de repartir avec une prescription de médicaments, ce sont éventuellement des soins chiropratiques de maintien préventif qui vous ont été suggérés. Quelle que soit votre préférence de traitement, médicamenteuse ou naturelle, il reste que, rendu à ce point, nous en sommes à de la prévention tertiaire pour ce qui est de ralentir la progression de la maladie et de la prévention secondaire pour les articulations qui ne sont pas encore touchées.

À chacun ses choix
Le paradigme médical a changé depuis quelques années et ainsi les possibilités qui s’offrent pour prendre notre santé en main. Le diagnostic précoce est devenu l’objectif. Les gens consultent quand ils sont bien portants. Les médecins et les chiros s’emploient à détecter plus tôt les maladies. Plus de diagnostics sont faits, y compris des diagnostics pour lesquels il n’y a pas de symptômes. Certains d’entre vous sont destinés à souffrir mais d’autres non : ce sont les surdiagnostiqués. Mais le choix demeure le vôtre : accorder la priorité au bien-être pour minimiser les contacts avec le médecin tant qu’on est bien portants, ou souhaiter rechercher la maladie et réduire des risques potentiels. De plus, les perspectives changent avec les différents passages de la vie.2
J’ai toujours encouragé les personnes que je côtoie à faire vérifier leur colonne vertébrale et d’intervenir préventivement, et je continuerai à le faire. Pour ce qui est de votre décision, tout est une question d’attitude, de réalisme et de choix.

Un livre qui fait réfléchir
J’aimerais vous parler d’un livre intitulé «Le surdiagnostic», traduit en français par Fernand Turcotte, recommandé par Catherine, une patiente pour qui la santé est importante et qui agit en conséquence. Je m’y suis retrouvée et comprise. Les auteurs mettent en lumière plusieurs concepts qui me tiennent à cœur, tels que « la prévention est plus grande que le diagnostic précoce ». Ils étaient avant-gardistes, car édité en français en 2012, le surdiagnostic est toujours d’actualité. Le 12 août dernier, le Dr Hugo Viens, président de l’Association médicale québécoise (AMQ), mentionnait au Journal Le Soleil en rapport avec l’engagement d’un véritable dialogue médecin-patient lors des consultations, les campagnes massives de détection précoce et la «protocolisation excessive», que cela peut prendre cinq, voire même 10 ans, avant que les changements souhaités voient le jour. Nous aurions tous le temps de nous prendre en main pour prévenir… sans garantie. Pourquoi sans garantie? Parce que prévention et traitement pour des désordres tels l’arthrose et l’ostéoporose ne veulent pas dire guérison, mais possible mieux-être et meilleure qualité de vie à long terme. Et encore là, seulement peut-être.

Il n’en demeure pas moins que la prévention demeurera toujours une question d’ordre personnel. Et rien ne me fait plus plaisir que d’observer des modifications dans vos habitudes de vie… Martine qui a cessé de se croiser les jambes. Geneviève qui, malgré son âge avancé, a choisi une activité à l’université qui lui fait du bien et où elle rencontrera des gens avec qui échanger. Marie-Paule qui, à l’âge de 79 ans a participé pour sa 4e année au Marathon SSQ Lévis-Québec pour y marcher 5km et Claude qui ne dort plus sur le ventre.

Dans «Le surdiagnostic», il y est écrit : «Le diagnostic précoce avec ses tests de laboratoire, ses radiographies, ses scanners, sont tous à la recherche de ce qui pourrait mal aller. Mais la promotion de la santé est beaucoup plus qu’un effort pour allonger la durée de la vie ou éviter la maladie ou l’infirmité parce que la santé signifie plus que l’absence de la maladie. La santé concerne aussi la manière d’être des gens et leurs sentiments : c’est un état d’esprit. Parce que la santé prend aussi des sens différents selon les gens, l’aptitude à produire une justification scientifique pour des stratégies particulières sera toujours limitée.»2

M. Welch termine son livre en mentionnant que « de façon paradoxale, la meilleure façon de poursuivre la santé, c’est de ne pas trop s’en occuper. Se ronger les sangs avec les maladies qu’on pourrait développer à l’avenir peut devenir une source bien réelle d’anxiété. Cela peut conduire à consommer trop de services de santé, ce qui amène tout droit au surdiagnostic. On sait maintenant que ce n’est pas la manière de poursuivre la santé».2

La promotion de la santé, la prévention primaire est beaucoup plus simple : ne fume pas, mange tes fruits et tes légumes, va jouer dehors (pour faire de l’exercice et te débarrasser de tes tensions), respire par le nez et tiens-toi droit!

Et pourquoi ne pas assister à une de nos prochaines conférences? Un petit rappel des bonnes choses, ça fait du bien !
La conférence MIEUX VIVRE AVEC L’ARTHROSE aura lieu le lundi 18 septembre prochain et MIEUX VIVRE AVEC SON DOS, le 20 novembre. Elles vous sont offertes gratuitement pour vous et vos proches. Vous m’y entendrez parler de bonnes postures et de comment prendre soin de votre système nerveux et de votre colonne vertébrale. Cathy Dion, notre nutritionniste, y divulguera des conseils nutritionnels et Rébecca Rémillard, préparatrice mentale, vous conseillera pour faciliter l’intégration de bonnes habitudes de vie dans notre quotidien souvent tumultueux. Ces informations peuvent avoir un effet de levier considérable sur votre santé. Profitez-en ! Après tout, c’est de votre santé dont il s’agit, c’est primordial et c’est de la prévention primaire!!!

 

Rédigé par Dre Dominique Dufour, chiropraticienne, D.C.,
de la Clinique chiropratique Dominique Dufour, située à Sillery.

 

Sources :

1 La prévention, https://www.med.uottawa.ca/sim/data/prevention_f.htm
2 Le surdiagnostic, H. Gilbert Welch, L. Schwartz, S. Woloshin, 2012, Les presses de l’Université Laval, pour la traduction française