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Vivre en paix avec le passé

14 Oct 2014.

Nombre de personnes ont bien du mal à tourner la page lorsqu'il s'agit du passé. De ce fait, elles se trouvent affectées présentement par des événements qui, eux, sont bel et bien terminés. Deuils non faits, rancunes, nostalgie ne sont que quelques exemples des effets que peut entraîner un passé qui s'éternise dans le présent. Et lorsque des émotions liées au passé nous assaillent, il est bien difficile de profiter de l'instant présent! Comment apprécier une délicatesse offerte gentiment par notre conjoint quand, chaque fois que nous le regardons, nous éprouvons encore de la colère concernant un regrettable événement qui a eu lieu il y a 5 ans? De plus, ces émotions ont le potentiel de perturber le fonctionnement de notre organisme, ajoutant douleurs et malaises physiques au mal-être affectif.

Si vous portez votre passé comme un véritable fardeau, voici une bien mauvaise nouvelle pour vous : nous accumulons de plus en plus de « passé » en prenant de l'âge! La bonne nouvelle est que votre passé est loin d'être figé; il est parfaitement modulable, ou du moins, en ce qui concerne l'effet qu'il produit sur vous.

 

Le passé, d'accord, mais lequel?

Si on vous demandait de raconter l'histoire de votre vie, que diriez-vous? Quels sont les événements que vous choisiriez de relater et de quelle manière le feriez-vous? Est-ce une histoire triste, joyeuse, excitante, surprenante? Quels en seraient les personnages principaux et comment résumeriez-vous votre relation avec eux? Quel que soit le récit que vous raconteriez aujourd'hui, sachez qu'à la même question, vous auriez raconté une histoire différente il y a 10 ans et que vous en raconteriez une tout autre également dans plusieurs années. Car si les faits demeurent les mêmes, notre manière de les interpréter se module en fonction de notre perception du moment qui, elle, peut varier considérablement.

Ainsi, une femme racontait, il y a quelques années, comment la rencontre avec son mari était l'événement le plus heureux de sa vie... une vraie bénédiction! La connexion a été immédiate et elle a tout de suite senti que c'était un homme unique, un être formidable. Lorsque ledit mari lui a annoncé qu'il la quittait pour une autre femme, le passé de cette dame s'est soudainement réécrit. La rencontre avec son ex-mari? La pire gaffe de sa vie! Elle sentait qu'il était du genre à manipuler les femmes et elle aurait du passer son chemin sans se retourner... Et puis, après 2 ans de séparation, monsieur revient tout penaud et demande à son ex-femme de lui pardonner. Il s'est trompé. Elle est la femme de sa vie et il a fait une terrible erreur! Madame retombe dans ses bras. La rencontre avec son « re-mari »? Un moment spirituel important, la croisée des chemins de deux âmes soeurs faites pour s'entraider et se faire progresser mutuellement dans la vie. Et nous parlons toujours du même événement qui a eu lieu un 8 mars, lors d'une tempête de neige... eeee... magique ou *&?%$!!! ou encore d'une blancheur immaculée, selon les versions.

Si vous croyez que notre passé façonne notre présent, l'inverse est aussi vrai : notre présent façonne également notre passé. Chaque fois que nous repensons à un événement antérieur, nous le regardons sous la lentille de notre état du moment, à travers les filtres de toutes les expériences que nous avons cumulées depuis et également en fonction du futur que nous projetons.

Faut-il toujours pardonner?

Si nous nous souvenons du passé, c'est qu'il y a une bonne raison : l'apprentissage par l'expérience. Notre mémoire nous permet d'avoir l'opportunité d'éviter de reproduire constamment les mêmes erreurs et de privilégier les options qui se sont déjà avérées satisfaisantes. Oublier systématiquement notre passé nous empêcherait de progresser dans la vie. Notre mémoire nous est donc fort utile. Mais elle peut également s'avérer dévastatrice, surtout en ce qui concerne des événements troublants sur le plan affectif.

Nous sommes des êtres relationnels. Mais nous sommes aussi des êtres très préoccupés par notre propre bien-être individuel. Cette apparente contradiction nous positionne souvent face à des choix fort difficiles : moi ou l'autre? Ainsi, nous oscillons régulièrement entre « je m'oublie pour satisfaire les autres » et « je pense d'abord à moi et tant pis pour les autres! ». Ces deux options nous plongent souvent dans une situation de conflit : la première à moyen ou long terme, la deuxième à court terme. Bien souvent, une troisième option aurait pu être envisagée : moi ET l'autre. Mais sous l'impulsion du moment, nous manquons parfois du recul (ou de la maturité) nécessaire pour entrevoir cette possibilité.

Ainsi, de nombreux conflits affectifs naissent et comme on le sait, ils ne sont pas toujours faciles à gérer! Lorsqu'on s'est senti trahi, rejeté, ignoré, violenté, comment éviter de continuer à en vouloir à la personne que nous considérons être à l'origine de notre malheur, afin que ces émotions néfastes cessent de nous faire du mal dans le présent et à l'avenir? Lui pardonner? Si cette personne est décédée ou encore si nous sommes certains de ne plus la rencontrer, il s'agit effectivement d'une solution très efficace, si le pardon est complet, profond et bien senti. Par contre, si nous devons toujours côtoyer cet individu, les choses sont un peu plus compliquées, car cela risque de créer un déséquilibre relationnel. Le pardonné a des chances de se sentir éternellement fautif et inférieur dans la relation, alors que le pardonnant peut se sentir supérieur ou encore entretenir, consciemment ou non, une attitude de « tu m'en dois une! ». Cette situation crée souvent un malaise relationnel qui incite les personnes concernées à s'éloigner graduellement l'une de l'autre. Alors paradoxalement, le pardon peut tuer la relation. Mais il s'agit tout de même d'une situation plus acceptable pour la personne blessée que d'entretenir un sentiment de rancune.

En fait, la plupart du temps, nous n'avons rien à pardonner. Nous avons été écorchés comme nous écorchons aussi les autres autour de nous, et ce, souvent sans même le vouloir. En voulant satisfaire nos besoins, nous créons parfois des dommages collatéraux et nous n'en sommes pas toujours conscients! Car en fait, il est bien rare que nous ayons l'intention réelle de faire du mal à autrui, à moins de s'être soi-même senti blessé par cette même personne, agissant beaucoup plus sous l'aveuglement de la douleur que par réelle cruauté. Et si nous examinons attentivement et honnêtement notre vie, n'avons-nous pas déjà blessé quelqu'un de la même manière ou d'une manière fort similaire? Les êtres humains sont comme des galets au bord du ruisseau qui se polissent en se frottant les uns aux autres... Et parfois, nous réalisons, après coup, que cet événement négatif a contribué, directement ou indirectement, à notre mieux-être par la suite. Dans un tel cas, devrions-nous pardonner ou... remercier?

Un événement du passé, c'est un peu comme le contenu de l'intestin. Nous devons assimiler et faire nôtre ce qui nous est profitable et rejeter le reste à jamais, sans émotion! Lorsqu'une situation passée nous envahit encore au présent, c'est que nous souffrons de « constipation émotionnelle ». Tant que nous n'aurons pas accepté de prendre ce qu'elle renferme de bon pour nous et de lâcher prise pour le reste, elle demeurera là sans bouger, sa portion jugée négative nous intoxiquant de l'intérieur. Et plus nous accumulons de ces événements stagnants, moins nous avons d'appétit pour les nouveaux. Nous nous retrouvons bloqués dans le cul-de-sac que nous créons nous-mêmes.

Ne laissez pas le passé remplir votre présent... suivez le mouvement naturel de la vie!

Dre Dominique Dufour, Chiropraticienne, D.C.

Clinique Chiropratique Dominique Dufour

Ces informations sont données à titre indicatif seulement. Afin de vous assurer que votre condition permet de suivre les conseils nutritionnels
ou de pratiquer les exercices suggérés, veuillez consulter votre chiropraticienne ou votre médecin.